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cpb::softinfo :: Blog :: class essay on google art

February 21, 2007

I wrote an essay on software/net art experiments with search engines, and particurlaly Google. This is a class essay for Jean-Louis Weissberg's "Anthropologie de la communication numérique" 1st semester course in the département Hypermédia (Université Paris 8, France). Yes, it is written in French. 

Here are the intro and the conclusion. The whole essay is in a pdf.

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Intro 

  Le réseau Internet, en tant qu'environnement récent marqué par le phénomène d'émergence(1), force les tentatives de description et de rationalisation. En tant qu'entité informationnelle largement perçue à travers une série de métaphores spatiales, une des questions prédominantes qui se pose aux usagers comme aux théoriciens des réseaux est: comment trouver son chemin? c'est-à-dire, les deux pôles de la circulation sur le réseau: la navigation et la recherche. Deux “voix” principales (plutôt que des théories) se font entendre et se définissent par opposition en se mesurant l'une à l'autre. Je choisirai pour introduire mon propos de présenter deux types de discours dominants dans le champ de la pratique de la recherche sur Internet.
    L'une, en faveur auprès du journalisme technologique et de la recherche innovante (que ce soit en design de solutions logicielles ou en planification marketing), conçoit cet espace comme un environnement dans lequel l'usager est immergé et conduit au gré du "courant" technologique. Peter Morville a problématisé les propriétés de cet espace en perspective avec la question de la navigation et de la recherche avec la formule "ambient findability" dans un ouvrage éponyme (publié chez O'Reilly)(2). L'immatérialité attribuée au réseau depuis les théories post-modernes est réévaluée en faveur d'une rematérialisation d'un espace marchand où l'on pourrait recréer de la valeur-objet. Pour cela une nouvelle définition ontologique est attribuée aux objets: la possibilité d'être trouvés ("findability"); et de nouvelles propriété “informent" cette définition: les objets existent dans l'environnement et deviennent l'environnement - un milieu où l'on s'acclimate ("ambient"), où tout se familiarise, où tout, enfin, dans la logique de l'user-friendly, devient commode à utiliser. La loi de Mooers, rappelée par Peter Morville, selon laquelle les utilisateurs du réseaux préfèreront ne pas avoir d'information plutôt que d'avoir de l'information difficile à trouver, est un des axiomes fondamentaux de l'environnement marchand de Web.
    La deuxième voix semble dénoncer cette "objectification" du réseau et la commodification des structures au même titre que des contenus. C'est l'opinion de nombreux artistes Internet (ou net artistes), qui poussent à explorer la complexité de l'environnement plutôt que de le soumettre à la loi de Mooers. Lisa Jevbratt, dont le travail est orienté sur la visualisation de structures de protocoles et de données, s'interroge sur cet "organisme complexe dont on ne fait qu'entrevoir les possibilités". Voulant profiter de la phase transitionnelle dans laquelle cet environnement se trouve, les "forces du marché" chercheraient à privilégier la mise en place d'un “système de livraison [en] produi[sant] des langages et des outils logiciels dont le but et de générer du contenu, des contenants et des médias pour le contenu. [Elles] attaquent l'ouverture du réseau en créant des protocoles des langages et des outils propriétaires"(3). À l'opposition contre la commodification propriétaire, cette voix ajoute un nouvel élément: la notion d'ouverture du réseau, qui fait signe aussi bien à l'attachement aux valeurs du code ouvert (open source philosophy) qu'au remplacement des techniques d'innovations par des pratiques critiques et spéculatives imaginant la possibilité laissées aux “choses” du réseau de ne pas être trouvées. L'environnement du Web, ainsi, peut ne pas se soumettre à la recherche considérée comme diktat.

    Le moteur de recherche est au coeur de cet environnement: il est ce qui organise dynamiquement autour de lui une mécanique de type systémique. Mais quelle est la finalité, ou la fonction de ce système? Peut-on lui assigner une cohérence, quand on sait que ses parties, bien que concourrant au fonctionnement d'un tout, sont autonomes et issues de forces agentielles variées? Un système informatique est une “disposition de matériel, de logiciel, ou des deux à la fois, qui permet une intervention de l'usager dans une tâche en cours d'exécution”(4). Mais cette définition, orientée-usager, semble oublier de décrire le système comme mécanisme logique qui ne va pas de soi (arbitraire). La disposition est d'abord un dispositif, le système étant fondé sur une mise en relation entre éléments qui relève de la règle et de l'instruction. Dans le cas du mécanisme de la recherche d'information automatisée, l'usager certes fait une demande au moteur, mais cela n'est pas possible que parce qu'une série de commandes algorithmiques permet de mettre en place le système de demande. On peut définir le moteur de recherche, après Bernhard Rieder dans son essai “The Symmetry of Confidence”, comme “un morceau de logiciel qui crée un index pour un ensemble défini de données, inclut une technique d'extraction pour accéder à cet index, et utilise un mode spécifique de représentation pour afficher les résultats"(5). Rieder met bien en évidence qu'avant de poser la question des usages, il faut s'interroger sur la dimension informationnelle du moteur de recherche, dans le sens où le système informe des pratiques (sans pour autant déterminer des usages précis). La “morphologie” d'un moteur de recherche est définie par les outils d'extraction et d'indexation, mais aussi sur les relations que ces outils entretiennent dans un système avec les bases de données et la représentation interfacielle du moteur, relations qui sont le résultat d'une série de choix définies avant l'usage par un programmeur: “Le succès commercial mais aussi l'impact politique dépendent de [ces choix]”(6).
   
    A travers cet essai, j'essaierais d'étudier comment certains net artistes ont choisi comme cible privilégiée le moteur de recherche dans le but de renouveler l'arsenal critique de questions à poser à une société informationnnelle. Cette démarche passera par l'appropriation critique des enjeux du moteur de recherche, dans une collision entre entre choix de développements (essentiellement, le codage du logiciel) et usages fonctionnels. De cette étude, on pourra faire l'hypothèse que les artistes du réseau, en cherchant à détourner les pratiques commerciales de la programmation, changent aussi la définition de la pratique artistique en travaillant à élaborer des prototypes logiciels qui visent à obtenir, de même que les logiciels dits commerciaux, mais avec des visées différentes, un “impact politique”. Le sens de cet impact reste à être questionné. 

[...]

Conclusion

Le moteur de recherche fonctionne-t-il sur le mode de la “boîte noire”, comme le voudrait Matthew Fuller, environnement dans lequel “la relation entre ce qui y entre et ce qui en sort est masquée”?(54) Si c'était le cas, une critique efficace serait celle du “Software art” dont la pratique consiste à mettre le moteur à l'épreuve de ses propres capacités, à recréer et réinventer ses mécanismes ligne de code par ligne de code selon les méthodes du “reverse engineering”. Quelle est la valeur critique de cette tactique? On voyait en introduction comment les “preuves” des logiciels permettaient de faire se manifester sa “vérité”: “Ce qui est vrai du moteur de recherche est aussi vrai de l'utilisateur” ajoute Fuller. Il s'agit de faire la critique négative d'un usage post-moderne qui n'épuise jamais son sens car il ne soumet jamais ce sens à un réel engagement: “Comme pour les éléments des indexes, les termes de la recherche sont des mots ou des chiffres désengagés de toute implication directe sociale ou linguistique. La chaîne des caractères se construit comme l'ouverture d'une série d'interlocutions sans fins”(55). Le “Software art” est la production de formes à partir d'un langage en crise et par le biais d'un arsenal technique critique. Mais qu'est-ce qui est “vrai de l'utilisateur”? Peut-on prévoir les usages, postuler sans sourciller que les léviathans du marché logiciel imposent avec succès des modes de faire et déterminent des comportements désengagés et passifs? La valeur politique d'un tel positionnement risque de s'invalider dans le constat que le “Sofware art” fantasme un public qu'il n'a pas et ne “parle” qu'à une audience qui a déjà refusé les déterminations des logiciels commerciaux et n'a pas de vérité à découvrir.
    Ou faut-il au contraire refuser l'obscurité et les impasses du langage dans le système de recherche automatisé, et postuler l'existence d'une “mousse noire” qui lie les structures informationnelles de façon a-morphe (jamais déterminée exemplairement, jamais entièrement de manière prévisible)? Bernhard Rieder propose cette expression afin d'alimenter, lui, une critique positive : la “mousse noire” donne l'espoir qu'une certaine transparence peut être retrouvée: “Au lieu d'essayer de mécaniser l'égalité, on devrait obliger les compagnies de moteurs de recherche à rendre des services publics moins ambigus en demandant qu'elles donnent accès à leurs indexes et aux fermes de serveurs”(56). Rieder fait ici écho aux théories des partisans de l' “open source”, parmi lesquels Lawrence Lessig: certes le code est une loi technique souterraine plus efficace que tous les textes de réglementations dits “légaux”, mais en rendant manifeste ses enjeux, ses techniques, ses actions, etc., on peut agir positivement. Il n'est plus question de la vérité de tel ou tel logiciel ou des usages mais de laisser émerger une variété de pratiques qui affaiblissent l'hégémonie commerciale en assignant au traitement algorithmique des environnements informationnels d'autres buts et intérêts.

    Le “texte”, ou plutôt le contexte des moteurs de recherche, inclut ainsi la programmation en tant que celle-ci met en place la “vraie question de l'agens”, selon Bernhard Rieder, qui caractérise les espaces qui “filtrent, classent, interprètent et décident d'une façon autonome, revendiquent une nouvelle perspective sur l'organisation de la sphère publique, désormais hybride”(57). Certes les activités de Google, comme le disait John Battelle, dépassent la sphère des entreprises technologique: c'est une compagnie de médias, digne des grands médias de masse tels que décrits par Marshall McLuhan. Mais plus que cela, ce sont des espaces à dispositifs, ou, comme le dit Rieder, des espaces “procéduraux” à agents algorithmiques aussi bien qu'humains, qualité qui aide à mieux à définir l'environnement complexe du Web comme "vaste écosystème numérique".

(notes): cf full version in pdf.

Posted by cpb::softinfo


Comments

  1. Ben dis donc !!! Cool

    default user iconPap's on Wednesday, 12 December 2007, 20:10 CET # |

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